Chronique cinévore: Birdman ou la surprenante vertu de l’ignorance

Synopsis

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

A savoir

Le film est monté grâce à des trucages comme un seul plan-séquence. Ce qui en fait le plus long faux plan séquence de l’histoire du cinéma.

Ce film a été récompensé par l’oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, meilleur photographie et meilleur scénario original.

Le montage

C’est la première chose qui me vient parce qu’en regardant le film c’est le premier truc qui m’a surpris. L’absence de coupe dans le montage est assez perturbante. Les scènes s’enchainent souvent par un mouvement de caméra qui suit un personnage passant d’un endroit à un autre. Ce qui est certain c’est que çà donne un certain mouvement au film. L’illusion est presque parfaite on a l’impression qu’ils ont tourné tout çà d’un coup, ce qui n’est évidemment pas le cas. Les trucages sont donc très très bien fait. Le film est donc très rythmé ce qui est aussi accentué par la batterie quasi omniprésente en fond sonore. Peut être presque trop d’ailleurs.

La confusion du réel

C’est un film assez étrange car il mélange sans cesse l’imaginaire et le réel. Ainsi, le héros Riggan s’imagine avoir les pouvoirs du personnage qu’il a interprété il y a des années, Birdman. Du coup dans le récit, au même titre que toutes les autres scènes on le voit utiliser ses prétendus pouvoirs. Ces « pouvoirs » sont traités exactement sur le même plan que tous les autres éléments du récit. Mais c’est aussi un film très intelligent parce que autant ces éléments fantastiques sont intégrés au récit autant en même temps il y a d’autres éléments qui signalent bien que ces éléments là sont imaginés. Je ne sais pas si c’est très clair mais c’est l’idée lol

L’autre grosse confusion qui est présente dans le film se joue entre la pièce que les acteurs sont censés jouer dans le film et le réel. La fluidité du passage entre les scènes, qui découle du montage en plan séquence nous entraine aussi à être un peu perdu. En effet, on passe de discussions entre personnages acteurs à discussions dans le cadre de la représentation de la pièce de théâtre sans qu’il y ait de coupure nette. Çà peut être très déstabilisant. Mais tout çà sert complètement le récit et la thèse du film.

Le théâtre comme réel

La recherche de la perfection à travers le réel est omniprésente notamment chez le personnage interprété par Edward Norton qui explique à Riggan que le seul moment où il ne joue pas c’est quand il est sur scène. Le film est plein de ces jugements sur le monde du cinéma et du théâtre. On retrouve notamment le fait que les acteurs sont ce que l’on veut qu’ils soient et il y a donc une sorte de perte d’identité qui pour le personnage de Norton ne se retrouve que lorsqu’il est sur scène et qu’il est enfin libéré de tout çà. Cette pensée va déteindre sur Riggan qui en plus, interprète dans la pièce un personnage qui est confronté aux mêmes problèmes que lui: le rejet, l’ignorance et la non reconnaissance.

Les critiques de théâtre en prennent aussi pour leur grade. Finalement la fin montre à la perfection l’absurdité du jugement des critiques sur les acteurs. C’est assez bien fait mais d’un certain côté j’ai eu du mal à saisir ce que le réalisateur voulait dire exactement. De la même manière c’est assez compliqué de savoir ce que les personnages ressentent parce qu’on ne sait jamais si ils jouent ou si ils ressentent vraiment ce qu’ils disent.

Une fin ouverte?

La fin est très spéciale et m’a laissé une amertume assez étrange. Je ne savais pas trop quoi penser et encore maintenant je ne sais pas quoi faire de cette fin. Je comprends pas en fait, enfin j’ai pas compris. Tout ce qui est évident j’y ai pensé mais je trouve que rien ne colle vraiment…

Mais sinon

Le film mérite son oscar parce que c’est un film très original dans son montage mais aussi parce que les acteurs sont très bons. Cependant la confusion entre le réel et l’imaginaire peut être très perturbant et je persiste à croire qu’il y aurait pu y avoir une meilleure fin.

Pour finir, c’est un film à voir mais je ne peux pas forcément vous garantir que vous allez passer un bon moment XD

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